*Traduit de l’anglais par Abdoul Sow – merci Abdoul!
IF YOU DON’T READ FRENCH, PLEASE SCROLL DOWN FOR ENGLISH !
J’aimerais mentionner d’abord, qu’en ces moments d’incertitude spirituelle, je fais une des deux choses. Je lis mon Coran ou bien, je regarde un film d’Ousmane Sembène.
Comment je peux comparer les deux?
Eh bien, les films de Sembène et le Saint Coran transmettent un regard très profond de l’essence de l’être humain.
Je comprends que l’oeuvre de Sembène n’est pas sacrée comme le Saint Coran, mais si vous êtes une personne de race noire et que vous êtes en apesanteur, ce qui est souvent mon cas, rien de mieux ne vous aidera à avoir les pieds sur terre que de regarder un film de Sembène.
J’irais jusqu’à dire, gardez un film DVD de Sembène sur une étagère de votre boîte à pharmacie entre le Tylenol et la bouteille de vitamine C.
Si vous pensez comme moi que tous ses films sont profonds et que vous ne savez pas lequel choisir, je vous recommenderais Mooladé.
L’intrigue: six filles s’enfuient pour échapper au rite de circoncision. Deux d’entre elles préfèrent se suicider que de subir l’opération. Les quatre autres se réfugient chez Collé Ardo, une femme qui a été gravement mutilée lors de sa circoncision ce qui a entrainé une incapacité d’accoucher sa fille par voie vaginale et, était obligée d’endurer les peines d’une césarienne faite par une ouverture brutale au ventre,.
Si la fourmillière du village est un monument au premier Roi du village, et la mosquée du village un monument à la conversion du village à l’Islam; la cicatrice sur le ventre de Collé Ardo, dévoilée dans un début de scène quand elle soulevait sa camisole pour attacher sa pagne, est un monument à la révolution qui commence quand elle s’engage à protéger les filles qui demandent sa protection afin qu’elles ne soient pas circonscrites.
Collé Ardo n’est pas une heroïne. Elle n’est pas une autorité du village, cependant elle doit faire face aux Saldanas, une bande de femmes tyranniques en robes rouges avec des mouchoirs de tête dont leurs couteaux tranchants ont été ordonnés par la tradition de couper les filles du village. Elles viennent chez elle pour la terroriser et l’humilier pour ne pas laisser sa fille se faire circonscrire et pour avoir abrité les filles qui ont échappé à ce qu’elles considèrent comme une purification.
Sembène met PURIFICATION en majuscule dans les sous-titres pour nous faire comprendre l’usage peu sincère que les Saldanas font de ce mot. C’est un acte de violence qui viole l’espace physique le plus intime de la femme. Ce n’est pas du tout de la “purification”, cependant le mot est un instrument comme leurs couteaux qu’elles utilisent pour se maintenir au pouvoir.
Ainsi on est ici dans un village africain idyllique avec des maisons faites en argile. Avec des femmes noires portant du tatouage autour de leur bouches. Avec des hommes forts drapés de leur étoffe qui peuvent déchiffrer les sons des tams-tams comme des mots d’un livre. Il y a une influence arabe à la culture de ce village, c’est indéniable, mais, cependant ce sont des peuples noirs, avec leur propre tradition dans leur propre pays et qui se prennent eux-mêmes en charge, et cependant il y a quelque chose de fondamentalement corrompu dans leur mode de vie auquel Collé Ardo refuse de se plier.
Voici ce que j’aime chez Sembène. Ses personages ont en eux totalité du potential humain, le bien et le mal, ainsi quand on regarde un film de Sembène, les réponses aux problèmes des peuples noirs existent dans la tete noire et peuvent être résolus, à travers une réflexion interne rigoureuse.
De toute façon, je pourrais écrire un livre si je continue et je veux maintenir mon blog simple.
Pendant que je regardais ce film, Collé Ardo m’a rappelé Obama, et les Saldanas me font penser aux forces du statu quo dans ce pays qui essayent d’arrêter le progrès parce qu’ils sentent leur pouvoir menacé. Ils feront tout ce qu’ils peuvent pour nous maintenir misérables.
Ce voyage à travers une ère Obama où nos écoles deviendront des places où nos enfants vont vraiment apprendre, où nous aurons un accès abordable aux soins de santé, où les riches ne seront pas les seuls Américains qui comptent ; commencera en fait lorsque les gens vont défender ces choses et arrêteront de se laisser faire.
Obama a une volonté d’acier sinon il n’aurait pas pu arriver jusqu’ici, mais assez à propos d’Obama.
Si Collé Ardo n’avait pas bénéficié du soutien des autres femmes du village, les Saldanas n’auraient jamais dépose leurs couteaux.
Moolade
First I’d like to mention, in moments of spiritual uncertainty, I do one of two things. I either read my Koran or watch a film by Ousmane Sembene.
How can I compare the two?
Well, both Sembene’s cinematic stories and the Holy Koran impart deep, deep insights into the essence of what it is to be human.
I understand that Sembene’s work is not sacred while the Holy Koran is, but, if you’re black and lacking gravity, which is often the case with me, nothing will help you to get your feet on the ground better than watching a Sembene film.
I would go so far as to say, keep a Sembene DVD on a shelf in the medicine cabinet between the Tylenol and bottle of vitamin C.
If you think all his films are as profound as I do and don’t know which one to choose, I would recommend Moolade.
The plot: six girls flee their circumcision ritual. Two commit suicide rather than undergo the procedure. Four take refuge with Colle Ardo, a woman who herself was so badly mutilated during her own circumcision that she was unable to give birth to her daughter vaginally and was forced to endure the pain of a cesarian cut across her stomach.
If the village anthill is a monument to the village’s first king and the village mosque is a monument to the village’s conversion to Islam, Colle Ardo’s scarred stomach, shown in an early scene when she raises her shirt to tie her skirt, is a monument to the revolution that begins when she vows to protect the girls who ask her to save them from being cut.
Colle Ardo is no hero. She’s no village authority, yet she has to stand up to the Saldanas – a tyrannical band of women in red frocks and head scarves whose sharp knives have been ordained by tradition to cut the young girls in the village. They arrive at the door of her home to terrorize and humiliate her for not having had her own daughter cut by them as well as for harboring the girls who have escaped what they refer to as ‘purification’.
Sembene puts PURIFICATION in caps in his subtitles which makes you aware that the Saldanas usage of this word is disingenuous. This is a violent act which violates a woman’s most private physical space. It is not ‘purification’ by any description, yet the word is a tool like their knives that they use to keep themselves in power.
So here we are, in this idyllic African village of mud houses. Beautiful black women with tattoos around their mouths. Strong men draped in fine fabric who can read the sound of drums playing like words in a book. There’s an Arabic influence to the culture of this village that’s undeniable but all the same, these are black people whose traditions are largely their own in their own country, in charge of themselves – and yet, there’s something inherently corrupt in their way of life that Colle Ardo refuses to submit to.
This is what I love about Sembene. His characters contain the totality of all human potential – both good and evil so that when you watch a Sembene film, you’re in a world where the answers to problems exist within the black mind and can be resolved, through rigorous reflection from within.
Anyway, I could write a book if I go on and I like to keep my blog simple.
While watching this film, Colle Ardo reminded me of Obama, and the Saldanas made me think of the forces of the status quo in this country who are trying to stop progress because they feel their power being threatened. They will do whatever they can to keep the rest of us miserable.
This journey into an Obama era where our schools become places where our kids really do learn, where we really do have affordable access to medical care – where the rich aren’t the only Americans who matter will only really begin when people stand up for these things and stop being so easily pushed around.
Obama has a spine of steel or he wouldn’t have made it this far – but enough about Obama.
If Colle Ardo had not won the support of the other women in her village, the Saldanas would never have put down their knives.